Photo Ciné Club du Gâtinais

Montargis

EDITORIAL N°1

LES PROBLÈMES D’EXPOSITION

 

En préambule, je dirai que cet éditorial s’adresse de préférence aux photographes disposant d’un appareil photo numérique (APN) et possédant les subtilités du triangle d’exposition.

L’exposition est de loin le problème le plus important que rencontre un photographe, qu’il soit débutant, expert ou professionnel. Elle dépend des trois paramètres principaux de l’APN qui sont : l’ouverture du diaphragme, le temps de pose et la sensibilité ISO.

 Nos appareils photos disposent de différents modes de mesures pour calculer l’exposition. Généralement, nous travaillons avec 3 modes de mesures qui sont : 

  • Chez NIKON- la mesure matricielle, la mesure pondérée centrale et la mesure spot.
  • Chez CANON- la mesure évaluative, la mesure pondérée centrale et la mesure spot.
  • Chez SONY/PENTAX- la mesure multi, la mesure centre et la mesure spot. 

Je ne passerai pas en revue les appellations des autres marques car elles sont trop peu représentées dans les clubs photos. Je précise que les problèmes d’exposition sont les mêmes sur les APN quelque soit la taille du capteur ou le mode de visée (Reflex ou hybride).

Alors, quels sont-ils ces problèmes ? 

Qui d’entre nous ne s’est pas fait piégé par un ciel tout blanc (cramé) en photos de paysages ou bien avec des ombres bouchées…

Le choix de l’exposition est paradoxalement extrêmement simple et en même temps très compliqué. Aussi je vais essayer de vous faire partager mes modestes connaissances de la façon la plus limpide possible en mettant volontairement de côté les termes techniques et barbares comme la dynamique des capteurs et autres joyeusetés.

Sur le terrain, vous devez faire des choix essentiels avant d’appuyer sur le déclencheur. Quels sont-ils ?

En fonction du sujet à photographier et de vos intentions :

 

LES RÉGLAGES

  • Choix du mode de mesure :

  • Lorsque votre boîtier est réglé sur la mesure matricielle/évaluative/multi, il fait appel à une bibliothèque d’images types enregistrées dans l’appareil. Mais très souvent, il se trompe ! Il suffit qu’un élément du sujet photographié se trouve dans l’ombre ou fortement éclairé et « patatras »vous vous retrouvez avec une image sous ou sur exposée, avec des zones cramées ou bouchées.
  • Alors bien sur, vous pouvez vous dire que vous allez rattraper le coup en post-traitement… nous l’avons tous fait !
  • Mon avis est qu’il est  préférable de prendre un peu de son temps pour réfléchir en amont au résultat que vous souhaitez obtenir et procéder au préréglage pour obtenir une exposition correcte avant la prise de vue. D’une part, cela vous évitera de passer beaucoup de temps en post-traitement et d’autre part, d’avoir la satisfaction de produire une belle image comme au temps de l’argentique. 

 

  • Modes de mesure :

  • Si votre boîtier est en mode  de mesure pondérée centrale, il suffit de pointer le sujet au centre, d’enregistrer la mesure à l’aide de la commande AEL, recadrer et shooter. Bien vérifier dans votre manuel que la commande AEL est bien paramétrée.
  • J’ai souvent lu ou entendu que cette mesure était obsolète, un vestige des appareils argentiques et  quelle ne servait pas à grand-chose en numérique. Pourtant, elle est toujours présente sur nos boîtiers les plus récents. Personnellement, je la trouve très pertinente dans certaines situations de prise de vue en architecture ou en portrait en extérieur. Dans ce mode, c’est vous le chef ! c’est vous qui décidez de l’endroit à mesurer.
  • Si votre boîtier est en mode de mesure Spot, c’est presque le Graal sauf….si vous êtes Canoniste. En effet, sur les boîtiers Canon, seul le collimateur central permet de prendre une mesure Spot. Il faut prendre la mesure avec le collimateur central, enregistrer le mesure (AEL) recadrer et shooter. Sur les boîtiers des autres marques (sauf erreur) la mesure suit le collimateur que vous déplacez avec le pad. Ceci étant dit, ce mode de mesure est le plus intéressant pour un photographe soucieux de maîtriser son exposition. En effet, il permet de faire une mesure de lumière très précisément là où vous le souhaitez. Evidemment, il ne faudra pas mesurer l’exposition sur des endroits trop sombres ou trop clairs au risque de retomber dans les problèmes mais de la mesurer sur le sujet à mettre en valeur. Généralement, le visage pour les portraits, les tons moyens pour les autres sujets.

Mais il existe des méthodes alternatives comme nous allons le voir maintenant.

 

  • la mesure faite au posemètre autonome qui permet de mesurer la lumière incidente et non pas la lumière réfléchie comme le fait le système de mesure de nos boîtiers. Le posemètre autonome permet lui de mesurer la lumière arrivant sur le sujet et cela de façon très précise. Seulement voilà, un posemètre de qualité (Sekonic/Gossen) ça coûte cher(entre 250 et 1000 euros)et ne se justifie que pour un photographe expert en portraits.
  • Mais, d’autres alternatives intéressantes s’offrent à nous comme par exemple les applications posemètres pour smartphone… et ça marche ! nous détenons tous maintenant un smatphone sur lequel nous pouvons télécharger des applications dédiées à la mesure d’exposition. L’une d’elles m’a particulièrement impressionné par la justesse de sa mesure et sa facilité d’emploi. Il s’agit de « Pocket ligth meter » posemètre téléchargeable  sur Apple store pour les Iphones au prix de 11,99 euros. Cette application très simple utilise l’appareil photo de votre smartphone et mesure la lumière (réfléchie) à l’aide d’un collimateur que vous déplacez avec le doigt à l’endroit  qui vous semble le plus approprié. Les paramètres d’exposition s’affichent sur un menu déroulant et vous pouvez bloquez deux des paramètres d’exposition (iso et ouverture par exemple) avec la touche Hold et l’appli vous donne la vitesse. Si par nécessité, vous bloquer la vitesse, elle vous donne l’ouverture. De plus, elle vous donne aussi la balance des blancs la plus adaptée. Vous pouvez aussi prendre une photo avec les mesures données en appuyant sur « log ».  Avec l’image produite, vous aurez toutes les indications d’exposition à reporter sur votre boîtier.
  • Malheureusement cette appli n’existe que pour Iphone. L’équivalent pour Android serait « Ligth meter free » (gratuite) mais que je n’ai pas testé. Sur le plan pratique, un posemètre autonome est beaucoup plus agréable et moins encombrant qu’un boîtier reflex.

 Savoir ce que l’on veut

  • Imaginez à l’avance comment vous souhaitez répartir les valeurs de lumière dans la photo.

Évaluer les problèmes

  • Évaluez les difficultés potentielles, notamment celles liées à la capacité de votre capteur à gérer les hautes et basses lumières.

Tons clés

  • Identifiez les parties de la scène par ordre d’importance en termes de lumière.

- Risques d’écrêtage

  • Acceptez une exposition de compromis et en dernier lieu, compter sur le post-traitement.

- Visualisation

  • Visualisez le résultat sur l’écran, refaite la photo si nécessaire.

Pour terminer cet édito sur les problèmes d’exposition, un petit rappel des règles à observer. Bien entendu, chacun est libre de ses choix et jugera peut- être qu’il est plus confortable de garder ses habitudes.

  • Appliquer une correction d’exposition à la prise de vue plutôt qu’en post-traitement.
  • Prendre le contrôle de son boîtier en imposant ses choix et ne pas faire une confiance aveugle à la mesure proposée par celui-ci.
  • C’est en apportant un mode d’exposition personnel, avec votre propre sensibilité, que vous allez donner à vos photos un rendu spécifique choisi par vous.

Nous voici au terme de cet éditorial. Le prochain sujet sur lequel j’aimerai vous emmener est un peu plus pointu, il s’agit de l’exposition à droite ….. Pourquoi ? et comment ?

Ensuite nous pourrons voir ensemble la façon de travailler en post-traitement et faire le point sur les solutions existantes pour adopter les bonnes méthodes.
Et pourquoi pas aussi s’intéressé aux smartphones  ou photophones qui deviennent incontournables et qui
à terme remplaceront nos lourds boîtiers…

Vu les dernières annonces sur l’évolution de la pandémie, je pense que nous sommes encore assez loin d’une reprise normale de nos activités c’est la raison pour laquelle j’ai demandé à Cédric l’autorisation de diffuser cet édito par l’intermédiaire de notre ami Claude que je salue  au passage et remercie pour sa pugnacité à nous distraire avec son mail quotidien.

Gardez vous bien et restez prudents, vos commentaires et questions seront les bienvenus.

Bien à vous

Jean-François 

Mes sources d’inspiration :

L’art de l’exposition en photo numérique – Michael Freeman.

Compétence photo magasine

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