Photo Ciné Club du Gâtinais

Montargis

EDITORIAL N°2

L’EXPOSITION A DROITE – POURQUOI ET COMMENT ?

 

Comme je vous l’avais annoncé dans l’éditorial N°1, nous allons nous intéresser à l’exposition à droite et essayer de décortiquer cette pratique photographique assez nébuleuse pour certains qui consiste à surexposer volontairement nos photos dans un but bien précis. 

Avant de rentrer dans le vif du sujet il est indispensable de parler un peu de technique et de rappeler quelques notions de base.

Nous allons donc parler de la dynamique des capteurs, du rapport signal bruit et de l’histogramme. Bien que ces sujets soient assez difficiles à appréhender,  il est indispensable d’en connaître le fonctionnement et j’essaierai d’être le plus clair possible. 

La dynamique d’un capteur est sa capacité à enregistrer les tons les plus sombres et les tons les plus clairs or ses performances sont 20 fois inférieures à celles de l’œil humain. C'est-à-dire qu’il aura énormément de mal à restituer ce que nous voyons. Son champ d’action sera beaucoup plus limité dans les basses et les hautes lumières. Si nos yeux peuvent distinguer aisément les zones les plus extrêmes, c’est  plus compliqué pour un capteur d’APN. Pour qu’un capteur s’approche des performances de nos yeux, il va falloir l’aider un peu. Comment ? et bien par exemple en ayant recours à l’exposition multiple tels que l’HDR ou la fusion d’exposition qui consistent à prendre plusieurs photos d’un même sujet à des expositions différentes mais nous verrons plus loin qu’en modifiant légèrement notre façon d’exposer, en une seule prise de vue, nous pouvons obtenir de bons résultats. 

Un mot sur le rapport signal / bruit :

Le bruit en photo numérique est un signal parasite provoqué par l’échauffement du capteur quand on augmente la sensibilité ISO. Il se développe dans les tons sombres. Ce signal existe dans tout système électronique. Ceux d’entre vous qui s’intéressent à la Hi Fi savent que pour obtenir un bon son sur un amplificateur audio il faut un bon rapport signal/bruit qui se mesure en décibels (db). Plus le rapport sera élevé c'est-à-dire plus le signal est fort et le bruit parasite est faible et plus le son sera de bonne qualité. C’est exactement la même chose en photographie numérique mais ici le signal c’est la lumière. Plus l’obturateur laisse entrer la lumière plus le signal est fort et si l’on réduit les bruits parasites, la photo sera de meilleure qualité. 

Sachant que sur un capteur d’APN les niveaux de luminosité ne sont pas répartis équitablement et que 50% de ces niveaux sont consacrés aux hautes lumières, vous allez enregistrer beaucoup plus d’informations dans les tons clairs en surexposant. Il est ainsi facile de comprendre en quoi exposer à droite permet d’améliorer la qualité d’une image.

En conclusion, comme le chantait Julien Clerc dans « Hair »….Laisser, laisser enter la lumière……
vous vous donnerez ainsi la possibilité de procéder à un ajustement en post-traitement.
 

Assez de technique et passons maintenant à la pratique : 

Cette pratique est d’avantage utilisée pour les photos de paysages ou reportages. Elle est moins pertinente en studio (quoi que) et pas du tout pertinente en poses longues et photos de nuit pour la bonne et unique raison que les hautes lumières seraient automatiquement trop surexposées.

 

EN PRATIQUE

L’objectif est de pousser son histogramme vers la droite mais attention, il ne faut pas que celui-ci soit collé ou coupé sur la droite. Il faut que les informations soient regroupées sur la droite et donc que la petite montagne des tons clairs ne sorte pas de l’histogramme.

Ce qui vous donnera une photo d’apparence claire.

A la prise de vue, l’histogramme s’affiche dans le viseur sur les hybrides et compacts experts et sur l’écran arrière (live view) des reflex.

Il est important de travailler avec la sensibilité native de votre boîtier. 

Vous pouvez utiliser cette technique en mode semi-automatique  avec priorité ouverture ou en mode manuel (on y vient). 

En mode semi-automatique priorité ouverture, la manipulation sera la suivante :

  • - Prenez une première photo et observez l’histogramme. Si ce dernier est trop centré vous allez devoir faire une correction d’exposition. L’idéal est de faire une correction de + 1 1/3 d’IL sans dépasser la limite des hautes lumières sur l’histogramme.
  • - Déclenchez une deuxième fois et admirez votre œuvre surexposée. 

Pour ceux qui sont à l’aise avec le triangle d’exposition, ils peuvent utiliser le mode manuel et effectuer la correction d’exposition directement avec la molette idoine. 

Tous cela, en gardant à l’esprit qu’il faut faire entrer un maximum de lumière et donc de privilégier les grandes ouvertures tout en gardant une bonne profondeur de champ si nécessaire. 

Attention cependant ! L’histogramme fourni par votre APN est une approximation des tonalités du Jpeg associé au fichier RAW car votre appareil est incapable de lire les fichiers RAW seuls les logiciels de traitement peuvent les lire correctement. Donc c’est l’histogramme de votre logiciel (Lightroom, Camera raw ou autres …) qui vous donnera la meilleure indication. 

 

LE POST-TRAITEMENT

En post-traitement, vous allez devoir descendre l’exposition globale de l’image ou bien seulement réduire fortement les hautes lumières

L’intérêt est que les basse lumières garderont du détail et ainsi vous aurez une photo propre et sans bruit numérique..

Et voilà….c’est tout.

Pour résumer, exposer à droite c’est surexposer volontairement et manuellement son image par rapport à l’exposition proposée par votre appareil photo de façon à récupérer des informations dans les zones sombres et les zones claires sans provoquer une montée du bruit numérique. En gros, vous élargissez la plage dynamique de votre capteur. 

Nous voici arrivés au terme de cet éditorial, vous l’avez compris, cette technique ne s’applique pas systématiquement à toutes les photos. Je vous invite à faire des essais sur des prises de vues classiques en paysages avec des tons moyens. Vous verrez que le modelé des tons dans le ciel en particulier est nettement supérieur avec cette méthode. 

Encore une fois, vous n’êtes pas obligés, ce n’est qu’une technique parmi d’autres qui à mon sens mérite d’être essayée. 

Vos retours d’expériences et commentaires m’intéressent … 

Le prochain éditorial sera consacré au post-traitement.

Bien à vous,

Jean-François

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