Photo Ciné Club du Gâtinais

Montargis

EDITORIAL N° 3 

LE POST-TRAITEMENT

Dans cet éditorial, nous n’aborderons pas les méthodes de travail propres à chaque logiciel de traitement photo ce qui serait long fastidieux et finalement inutile. Nous verrons en premier les différents fichiers produits par nos APN et comment les utiliser au mieux. Nous ferons ensuite un tour d’horizon des programmes mis à notre disposition individuellement et collectivement au sein du club ainsi qu’une méthode de travail pour organiser ses fichiers photos avant et après traitement.

Pour démarrer,  j’ai envie de vous raconter une anecdote :

J’ai travaillé chez un photographe professionnel qui tenait boutique à Saint Rémy de Provence au milieu des années 80. Cela a été pour moi très enrichissant pour la suite. La photo numérique n’existait pas encore et nous disposions en atelier de machines à traiter les films argentiques et développer les photos sur papier. Ces machines permettait de corriger (post-traiter) les erreurs d’exposition que commettaient (souvent) les clients. Tout cela pour dire que le post-traitement n’est pas nouveau et qu’il existait déjà depuis longtemps.

Le post-traitement numérique est la suite logique de la prise de vue. Le film négatif a été remplacé  par un fichier numérique et c’est tout !

Toutefois, je ferais une différence entre le post-traitement et la retouche car, si cette dernière était aussi pratiquée en argentique par les plus grands photographes de l’époque, elle est parfois un peu exagérée en numérique et l’on observe souvent sur les réseaux comme Instagram des ciels aux couleurs irréelles et des mers au bleu cobalt sans correspondance avec la réalité.

 

En résumé pour cette première partie, je dirai qu’il ne faut pas confondre le post-traitement qui développe un fichier photo avec une retouche malheureuse et sans intérêt sauf pour certains créateurs, mais c’est une autre histoire. Entrons dans le vif du sujet..

  

JPEG vs RAW

  

Qu’est-ce qu’un fichier RAW (brut ou cru en anglais) ? 

C’est, comme son nom l’indique un fichier de données numériques brutes qui contient toutes les indications nécessaires à la fabrication d’une image « bitmap » une sorte de container qui englobe tous les paramètres de prise de vue  et qui, grâce à des algorithmes contenus dans la carte mère de l’APN va construire une image en Jpeg qui sera incluse dans le fichier RAW. 

Si vous avez paramétré votre APN pour qu’il produise une image en Jpeg, c’est cette image qui vous sera proposée. Suivez moi bien, c’est votre appareil qui a post-traité la photo pour vous ! Chaque constructeur d’APN programme la façon dont elle sera visuellement rendue par l’écran de votre appareil et celui du PC que vous utilisez pour la visualiser. C’est la raison pour laquelle, les photos Jpeg n’ont pas toutes le même aspect d’une marque à l’autre.

Si, comme je l’espère, votre APN est programmé pour produire des fichiers RAW, il en va différemment. J’ai bien parlé de fichier RAW et non pas d’image car, à ce stade votre RAW est toujours à l’état de fichier numérique et ne deviendra une image qu’une fois passé par un logiciel de post-traitement pour le dématricer, c'est-à-dire le transformer en image. Cette image, vous allez la trouver un peu « plate » et c’est à partir de là que vous allez prendre les commandes !

Si on traduit en Français l’expression Anglaise « Raw Meat » ce sera « viande crue »et comme nous allons le voir, il y  a plusieurs façons de préparer et de cuisiner la viande crue….

Chaque constructeur d’APN programme ses fichiers RAW et  leur donne un nom spécifique : NEF pour Nikon, CR2 pour Canon, RAF pour Fuji et ARW pour Sony. Le seul fichier RAW universel est le DNG (Digital Negative) développé par Adobe et dont le seul intérêt est d’être utilisé pour travailler des photos issues d’un appareil récent avec un logiciel de post-traitement ancien qui ne supporte pas cet appareil. Adobe fournit en ligne un convertisseur gratuit de fichiers RAW en DNG pour les traiter dans n’importe quel logiciel photo.

Le format RAW nous permet de pouvoir travailler nos photos avec une grande latitude et ainsi pouvoir rattraper les erreurs d’exposition, de balance des  blancs, de saturation, de teintes  etc. etc.…

Vous l’avez compris, le fichier RAW est l’équivalent du film négatif en argentique.

Et le JPEG dans tout cela ? 

Et bien, si vous souhaitez disposer d’une image rapidement et la diffuser à la sortie de l’appareil photo et bien le JPEG est fait pour vous….

Il faut savoir que le JPEG est une image compressée donc qui peut aisément être transférée sur tout support et envoyée immédiatement par mail. Ce n’est donc pas totalement à proscrire. Cependant, un bon photographe qui désire magnifier ses photos passera automatiquement au format RAW et au post-traitement.

Dans les lignes qui vont suivre,  je ne vais pas décortiquer un par un les logiciels de post-traitement qui à mon sens ont tous des qualités et des défauts qu’ils soient gratuits ou payants. Nous allons faire un tour d’horizon de ce qui est mis à notre disposition mais surtout s’attacher à coordonner notre travail individuel et notre travail collectif « au club ». 

 

LES LOGICIELS DE POST TRAITEMENT

 

Lorsque j’ai repris la photo en 2014, j’ai acheté une licence DxO pour leur dématriceur car je trouvais leur logiciel assez bon et fonctionnel. En plus de cela, c’est Français « cocorico ». J’ai donc fais mes premières armes là dessus et j’avoue en avoir tirer satisfaction. J’avais regardé du côté des logiciels gratuits comme Gimp mais je les trouvais moins ergonomiques. Chez Adobe, PS (Photoshop) était hors de prix, LR(Lightroom) en était à la version 5et comme c’est  à cette époque que je me suis inscrit au club, j’ai revu ma copie pour me coordonner avec l’équipement de celui-ci ce qui me paraissait plus cohérent. J’ai donc acheté la licence de LR 5 et (j’ai honte…) utilisé une version non officielle de PS ce qui m’a permis de découvrir que celui-ci incluait un dématriceur de RAW appelé Camera Raw (ACR) qui faisait pratiquement le même boulot que LR. Adobe a rajouté simplement quelques modules à LR (bibliothèque, livres, cartes, impression…) mais le moteur de LR, c’est bien ACR. Alors, que pouvons nous en déduire :

Si vous souhaitez le système de catalogues et les collections de LR pour classer vos photos, les éditer, les traiter les imprimer…c’est bien….très bien même. En revanche, utiliser LR au club est à mon avis pas très pertinent… pourquoi ?  et bien pour faire simple, quand on importe une photo dans LR, elle reste dans le catalogue LR une fois le traitement terminé. Si l’usager ne prend pas la peine de supprimer sa photo (ce qui est presque toujours le cas…)on se retrouve avec beaucoup de photos des autres membres dans le catalogue LR. Imaginez au bout de quelques mois (années) le nombre de photos qui traînent….

Moralité, je pense que LR est un excellent logiciel, que j’utilise beaucoup personnellement, mais qui doit être réservé au travail à domicile.

Pour le travail au club, ACR fait très bien le job sans laisser de trace. Pour moi, le seul point sur lequel LR est plus ergonomique que ACR+PS est le module d’impression.

 

Alors, vous allez me dire, pourquoi « Adobe PS+ACR+LR » et pas d’autres logiciels ? et bien voici ce que j’en pense :

  • La suite d’Adobe remplit toutes les cases du post-traitement à elle seule.
  • C’est le moyen le plus performant pour harmoniser le work-flow entre chez vous et le club.
  • On trouve une pléiade de formations, tutoriels et ouvrages consacrés à cette suite logicielle sur le Net et ailleurs.

Pour résumer un peu tout cela,  je dirai qu’il est souhaitable d’harmoniser et vous allez me dire : Oui mais la formule d’abonnement d’Adobe ne me convient pas et patin et couffin….

Possible mais… en y regardant de plus près, on s’aperçoit que les logiciels sans abonnement type DxO ou Capture One font payer les mises à jour majeures entre deux versions en moyenne tous les ans. Si vous faites le calcul, Adobe et son abonnement mensuel à 11,99€ n’est pas plus cher. De plus, vous disposez  dans la suite de 5 logiciels performants (PS, LR, LR mobile, ACR et Bridge) qui sont synchronisés, interactifs, et  dont vous bénéficiez de mises à jour fréquentes. A ce jour, ACR a les mêmes fonctionnalités de traitement que LR et peut être utilisé au club tout en bénéficiant des  énormes possibilités de retouche avec PS puisqu’ils sont imbriqués l’un dans l’autre.

Le seul inconvénient, à mon avis, de l’abonnement Adobe est qu’il demande de plus en plus une configuration PC puissante. Si vous avez une config un peu faible et que vous n’êtes pas encore sur windows 10 ou le dernier IOS, passez votre chemin… A titre d’exemple, en plus de mon PC sur windows 10, j’utilise un Mac mini de 2010 et les maj les plus récentes des logiciels d’adobe ne sont plus acceptées par celui-ci. C’est un point que je trouve déplorable car  pour bénéficier pleinement des mises à jour il faut avoir maintenant une config de compétition. A croire que Adobe, Microsoft et Apple se sont mis d’accord là dessus. Vous remarquerez au passage que ce sont 3 entreprises américaines… Il est vrai, que la concurrence européenne n’est pas très virulente ….

Alors voila, je ne roule pas pour Adobe ni pour les Ricains mais il faut leur reconnaître l’art du marketing et du merchandising.

Je précise que mes commentaires sur le post-traitement numérique et sur les outils de post-traitement n’engagent que moi et que, bien sur,  vous êtes libres de ne pas les partager.

 

LE POST-TRAITEMENT C’EST :

 Traiter + retoucher mais vous devez faire la différence entre le traitement et la retouche :

  • Le traitement consiste à travailler sur la tonalité de l’image et en optimiser le rendu.
  • La retouche consiste à modifier certaines zones de la photo et corriger des défauts comme les taches de capteur ou la suppression d’objets indésirables mais elle doit être utilisé avec parcimonie.

 

POST-TRAITER C’EST APPRENDRE :

 

C’est une belle façon de revoir vos photos sous un autre angle, de trouver votre style, et pour ceux qui débutent, la possibilité de reprendre un traitement plusieurs mois après en appliquant les nouvelles méthodes et en utilisant les nouveaux outils fournis par les Maj des logiciels.

Si vous maîtrisez parfaitement votre équipement et savez régler votre boîtier aux petits oignons, vous pouvez vous en passer et même shooter en Jpeg. Pour les photos courantes,  familiales, ou touristiques aussi ! mais pour des photos produites par des adhérents à un club susceptible de présenter votre travail en concours ou en expositions, il est souhaitable d’avoir recours au post-traitement et dont de shooter en RAW. Je ne parle même pas du noir et blanc (cher à mon cœur) qui impose un traitement sauf peut être si il est produit par un boîtier dédié. 

 

POST-TRAITER CE N’EST PAS TRICHER

 

N’en déplaise aux râleurs, qui l’associent à la triche, le post-traitement ne date pas de l’ère numérique. Il existait déjà à 100% avec l’argentique. En revanche, je conçois que la retouche poussée puisse poser problème comme  par exemple les filtres Instagram ou le Photoshopage brutal et inconsidéré.

Quoi qu’il en soit, vous devez garder à l’esprit qu’une attention particulière est de mise lors de la prise de vue pour éviter les erreurs d’exposition, bien cadrer et bien composer ses photos. Le post-traitement n’en sera que plus facile et  rapide. Plus vous consacrerez de temps à peaufiner vos prises de vues et moins vous vous casserez le dos devant votre PC.

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Nous arrivons au terme de cet éditorial (un peu plus copieux que les précédents, je m’en excuse). 

Je remercie les membres du club qui m’ont encouragé à continuer à vous faire partager ces éditos. 

Pour le prochain éditorial, je n’ai pas encore d’idée précise sur le sujet à traiter. Si vous avez des thèmes que vous aimeriez partager, merci de m’en informer ou d’en informer Cédric.

A bientôt donc pour de nouvelles aventures,

Cordialement, à toutes et à tous.

Jean-François

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